« Dans le "travail de mémoire" je mets tous les efforts que nous devons faire auprès des jeunes pour leur montrer les horreurs dans lesquelles pourraient les entrainer, comme furent entrainés certains de leurs ainés, leur éventuelle absence de réactions devant l'injustice, l'exclusion, la barbarie. Dans ce "travail de mémoire" il faut leur montrer aussi que les bourreaux étant des gens ordinaires comme nous le sommes tous, nous devons les uns et les autres nous méfier de nos propres réactions afin de ne pas devenir à notre tour des bourreaux pour les autres. » 

Sam BRAUN

Georges Horan-Koiransky, un témoin à Drancy

Dans son ‘’Journal d’un interné’’, Georges Horan-Koiransky nous fait vivre son emprisonnement à Drancy : arrêté le 11 juillet 1942, il fut libéré  le 13 mars 1943.  Il s’astreignit pendant ces 8 mois de détention à prendre des notes qui constituent son journal et à faire des dessins de ce qu’il vit alors.

Un documentaire spontané sur Drancy.

Dessin de Georges Horan-Koiransky

C'est  en usant de mille ruses que Georges Horan-Koiransky a réussi à préserver des fouilles et à faire passer à l’extérieur tous ces documents.  Libéré,  il écrit à propos de ses dessins ‘’ Je ne suis ni Callot, ni Goya, ni Picasso.  Mais j’ai promis aux compagnons de retracer leur misère. C’est un devoir. De ces centaines de croquis, de silhouettes, je dois tirer une documentation vengeresse.’’

Georges Horan-Koiransky nous  décrit  la vie à Drancy,  centre de détention  où des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants furent parqués, affamés, martyrisés par  des gendarmes français transformés en brutes, puis, pour le plus grand nombre, expédiés par convois vers les camps pour y être assassinés. L’auteur  a fait partie des ‘’ corvées’’  escortant ceux qui partent, vers les wagons à bestiaux, sous la garde de la gendarmerie, ou accueillant ceux qui arrivent de divers camps  comme Gurs ou Nexon. L’auteur nous fait ressentir la  détresse, le désespoir, la souffrance de ces êtres humains  conduits à la mort  par la haine sans limite des nazis et de leur alliés.

Dans ses dessins Georges Horan-Koiransky nous donne à voir ces hommes et ces femmes, ces vieillards, ces enfants, pour  la plupart, vivre leurs derniers jours : l’appel, les fouilles, les brimades….mais aussi la survie d’une convivialité, d’une entraide, d’un soutien mutuel,  tant il est vrai qu’il y a  toujours chez l’Homme une source inépuisable d’empathie, de résistance à l’inhumanité

  Georges Horan-Koiransky fit éditer ses dessins en 1947, mais cette publication ne retint pas l’attention  de l’opinion publique de l’époque. Quant au Journal, il  resta enfoui dans les papiers de famille jusqu’à sa découverte en 2014, lors de la succession du fils de l’auteur.

Ces deux documents viennent d’être édités sous l’égide de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Par ailleurs une exposition des dessins est organisée par le Mémorial de la Shoah  jusqu’au  15 avril 2018, au Musée de Drancy, à Drancy.

                                                                                                                   Jean-Pierre Terseur  (18/02/18)

 

 

*Georges HORAN-KOIRANSKY :* ‘’ Journal d’un interné. Drancy 1942-      1943’ CREAPHISEDITION  12 €

            **Georges HORAN-KOIRANSKY **: ‘’Le camp de Drancy, seuil de l’enfer juif’’ .Dessins et estampes 1942-1947  CREAPHISEDITIONS  35 €